La Vibration des Couleurs

La Vibration des Couleurs

En un clin d’œil, une étoile dessine une trajectoire de feu sur la voûte du ciel, tandis qu’un cerf, dans sa course, disparaît au cœur de la forêt. Dans un univers où ce qui est visible et ce qui ne l’est pas aux yeux apparaît et disparaît sans cesse, la peinture est, à un premier niveau, l’affirmation du mystère qui nous entoure. Sans la « disparition », peut-être l’être humain n’aurait-il eu aucune raison de peindre et d’affirmer ainsi son monde comme existant.

Des milliers d’années se sont écoulées depuis l’époque où les peintres et graveurs du Paléolithique façonnèrent, sur les « vastes mers » des grottes et des rochers, leurs merveilleuses représentations d’animaux et d’êtres étranges. La peinture, semble-t-il, ne commença pas maladroitement et son évolution ne fut pas linéaire. Le mouvement brusque de l’encolure du cheval, les contractions de ses muscles, son expressivité témoignent de l’incomparable maîtrise et de la subtilité de perception du peintre des cavernes ; un homme qui ne connut ni l’incertitude ni l’embarras de ses confrères des époques ultérieures, et dont la main glissait avec assurance dans un espace naturel, révélant les formes des êtres depuis l’obscurité.

La vie de ces peintres était liée à une connaissance intime des animaux et de l’environnement naturel, acquise à travers la chasse et la vie nomade. Mais il existe aussi quelque chose de plus, « quelque chose de mystérieux » qui murmure au cœur des êtres humains et le fait battre avec force lorsqu’ils contemplent les représentations peintes des grottes de Lascaux, de Chauvet, d’Altamira, les peintures rupestres des Bushmen et celles d’autres lieux sacrés à travers le monde. Ce « quelque chose » est l’espace vide au sein duquel furent conçus le processus de Création des représentations picturales et le rituel ; c’est l’Espace de Manifestation de la Vibration, au sein duquel le peintre se ressent véritablement comme un récepteur et non comme un créateur, reconnaissant la Création en un troisième point, hors de lui-même et, au même instant, en lui-même.