Tout se meut, respire et est respiré rythmiquement. Cette harmonie multidimensionnelle se retrouve partout, dans chaque créature et dans chaque processus du Monde. Chacun de nous naît avec cette perception, jusqu’au moment où son essence finit par être oubliée.
Le premier sens qui se développe chez l’embryon est l’ouïe et, par son intermédiaire, celui-ci entre en contact avec le son fondamental des battements du cœur de sa mère, ainsi qu’avec tout ce qui se déroule à l’intérieur de son corps. Ce son est le premier rythme que nous entendons, mais aussi, mystérieusement, le premier que nous oublions en grandissant.
L’idée du rythme, cependant, se transmet d’un être humain à un autre et, une fois mesurée, elle est définie, placée dans un certain « ordre » et reçoit un nom. Elle tombe alors dans le premier piège de l’esprit : celui qui cherche à interpréter tout ce qui est inconnu selon ce qu’il a déjà connu jusqu’à présent. Et l’esprit s’efforce de donner une forme et un nom à quelque chose qui, dans son essence, est extrêmement difficile à décrire avec des mots. Ainsi commencent la mesure et la mise en forme de l’informe, afin de le ramener aux dimensions du possible, de ce qui peut désormais être compris.
Une question naît en moi...
Quelque chose d’aussi fondamental que le rythme peut-il réellement être mesuré, consigné et transformé en quelque chose de précis ?
La science de la Musique a rendu cela possible. Le même besoin de communication qui a créé les mots a également créé toutes les conventions permettant de communiquer le monde de la mélodie et du rythme.
Le Rythme, cependant, est bien davantage que ce que l’être humain a enfermé dans une mesure. Car la mesure, le temps et le rythme sous cette forme ne sont rien d’autre que des inventions humaines, des tentatives de donner une forme à quelque chose dont l’essence ne peut tout simplement pas être contenue dans des structures aussi précises.

